Nat'H Nature-Harmonie

Mât à martinets à Chambéry : 8 nichoirs Nat’H et repasse de cris pour favoriser l’installation des martinets noirs

Un nouveau dispositif en faveur des martinets noirs a été installé à Chambéry (Savoie) : un mât de 6 mètres, équipé de 8 nichoirs et d’un système de repasse de cris Nat’H, programmé trois fois par jour (matin, midi, soir) jusqu’à fin juin. L’objectif est clair : accélérer la colonisation et offrir des sites de nidification fonctionnels à une espèce fortement dépendante du bâti, dont l’habitat disparaît progressivement.

Cette mise en place est issue d’une communication de Nicole Girard, administratrice MIA et LPO, et illustre parfaitement la dynamique actuelle : quand l’intégration au bâtiment n’est pas possible, la solution “hors bâti” (mât, tour) devient une alternative efficace, rapide et maîtrisée.

Pourquoi un mât à martinets plutôt que des nichoirs intégrés au stade ?

Le projet est né dans le contexte de la construction d’un nouveau stade. Le site offrait, sur le papier, une opportunité intéressante : une infrastructure métallique sur laquelle des nichoirs à martinets auraient pu être intégrés. La situation géographique s’y prêtait d’autant plus que des martinets nichent déjà dans le bâti des environs, indiquant un potentiel de colonisation réel.

Après plusieurs mois de prospections, réflexions et propositions menées avec les services de la Ville (urbanisme, maîtrise d’ouvrage, espaces verts, transition écologique), le choix s’est finalement porté sur une solution alternative : un mât installé à l’extérieur du bâti, dans un espace vert jouxtant l’allée d’accès au stade.

Ce type d’arbitrage est fréquent sur les projets urbains : contraintes techniques, calendrier, structure, responsabilités de maintenance… Dans ces cas-là, un mât à martinets permet de sécuriser la solution, tout en restant cohérent avec l’objectif biodiversité.

Un emplacement stratégique et une orientation pensée pour l’écologie du martinet

Le mât a été érigé dans l’espace vert situé derrière le site de Rubanox et le funérarium, dans le secteur André Gilbertas. L’emplacement n’a rien d’anodin : il a été choisi pour sa capacité à offrir un dégagement suffisant lors des entrées et sorties des martinets.

Chez le martinet noir, l’accès au nid est un point clé. Cet oiseau vole vite, manoeuvre en trajectoires tendues, et a besoin d’un environnement sans obstacles immédiats. Une orientation bien choisie améliore directement :

  • La facilité d’approche des nichoirs
  • La sécurité des envols
  • Les chances d’occupation

Repasse de cris : une méthode pour favoriser une colonisation rapide

Le dispositif installé à Chambéry comprend une repasse sonore, activée trois fois par jour jusqu’à fin juin. Cette technique est utilisée pour augmenter l’attractivité du site lors du retour de migration, en créant un signal de présence et en incitant les martinets en prospection à explorer la zone.

La repasse ne remplace pas un bon emplacement : elle le renforce. Lorsqu’elle est associée à des nichoirs correctement orientés et positionnés, elle peut jouer un rôle déterminant dans les premières saisons d’installation.

Suivi écologique sur 3 ans : un engagement de long terme

Un point essentiel est déjà prévu : la proposition d’une convention de suivi sur 3 ans, comme cela se fait sur des projets similaires. Ce suivi permettra de :

  • Mesurer l’occupation des nichoirs

  • Observer la colonisation dans le temps

  • Ajuster si nécessaire (repasse, orientation, gestion du site)

  • Valoriser les résultats dans la politique biodiversité de la collectivité

Ce type de démarche est fondamental : un aménagement biodiversité n’est pas seulement une pose, c’est une trajectoire. Les espèces peuvent mettre une ou plusieurs saisons à s’installer durablement, d’où l’intérêt d’un suivi pluriannuel.